L’édition de la correspondance du Père Girard

Le projet est mis en ligne !

Nous avons le plaisir d’annoncer la mise en ligne sur Lumières.Lausanne du premier volet de l’édition de la correspondance du Père Girard (1765-1850), ainsi que d’une bibliothèque numérique de ses principaux imprimés. Les 53 lettres retranscrites documentent la jeunesse du cordelier fribourgeois, son engagement dans la République helvétique ainsi que son rôle primordial dans la création de la paroisse catholique de Berne (1789-1804).

L’éclatement de la Révolution en Suisse en 1798 constitue un moment-clé dans la vie du Père Girard. Elle lui a en effet offert une opportunité unique de se couper de l’isolement inhérent à son état de religieux, pour entrer en relation avec les forces réformatrices de sa patrie. Depuis la cellule de son couvent, il entreprend une correspondance avec le ministre des arts et des sciences Philipp-Albert Stapfer qui contribuera à le faire progresser dans sa carrière. Mis au fait des connaissances philosophiques et pédagogiques du jeune cordelier, le ministre de la République helvétique le nomme successivement membre du Conseil d’éducation du canton de Fribourg, archiviste de son ministère puis ministre du culte catholique auprès des autorités suprêmes à Berne. Les lettres éditées mettent en relief son avènement en tant qu’homme de lettres et de médiateur culturel dans la Suisse de la fin du siècle des Lumières.

La vie ecclésiastique catholique demeure en filigrane de ce corpus. Sa longue correspondance avec l’évêque Jean-Baptiste d’Odet, notamment, fait apparaître les tensions régnant sous la Révolution entre les autorités politiques et religieuses, mais aussi, par moments, des tentatives de rencontre et de conciliation. C’est ainsi par exemple que le Père Girard engage son supérieur hiérarchique à faire preuve de modération face au gouvernement helvétique et à se rapprocher des ministres du culte protestants de Berne dans une perspective œcuménique alors nouvelle pour son temps. Le cordelier entame également sous l’Helvétique une correspondance décisive avec l’un des premiers promoteurs des Lumières catholiques en Allemagne, le vicaire général du diocèse de Constance Ignaz Heinrich von Wessenberg. Les deux hommes d’Église échangent alors sur le possible accommodement de leur religion avec la Révolution, ainsi que sur la modernisation des études catholiques. La correspondance reflète encore son implication dans la conservation de la tolérance religieuse pour les catholiques de Berne après 1803, couronnée par la restauration d’une paroisse de confession romaine.

La publication des premières lettres éditées du Père Girard est accompagnée d’une bibliothèque numérique constituée par l’essentiel de ses textes imprimés – soit une trentaine au total, sans compter les éditions posthumes. Le chercheur ou le lecteur curieux trouvera ainsi sur Lumières.Lausanne une plate-forme précieuse pour appréhender, en quelques clics, l’œuvre pédagogique, philosophique et théologique du cordelier fribourgeois.

Il est encore à relever que ce vaste projet d’édition en est aujourd’hui toujours à son commencement, puisque moins de 10 % des pièces connues de la correspondance ont été retranscrites. Le Cercle d’études Grégoire Girard espère pouvoir trouver dans les années qui suivent le financement nécessaire pour mener ce projet à son terme.

Penser la circulation des savoirs scolaires dans l’espace transatlantique. Émigration-transferts-créations (XVIIIe-XXe siècle).

Penser la circulation des savoirs scolaires dans l’espace transatlantiqueÉmigration-transferts-créations (XVIIIe-XXe siècle)

Alexandre Fontaine (sous la direction).

Bien que certains réflexes nationalistes tendent à le dissimuler ou même à le dénier, ce constat s’impose : tout système scolaire se façonne à partir de références étrangères. L’espace transatlantique, depuis la première mondialisation des XVe et XVIe siècles, incarne un laboratoire privilégié de la fabrication de savoirs scolaires mêlés. Par l’action de passeuses et de passeurs, les pratiques et les méthodes pédagogiques les plus efficientes circulent, transitent, s’enrichissent ou sont rejetées.Espace de domination, de rivalités mais aussi de rencontres et de métissages, l’Atlantique fut pensé par l’anthropologue cubain Fernando Ortiz comme une zone de transculturation. Ce mécanisme donnant-donnant fait sens, puisqu’il a contribué à l’émergence de reconfigurations particulièrement créatives. Par cette interpénétration des économies scolaires, nations américaines et européennes ont indéniablement développé et affiné de nouvelles réalités pédagogiques.Cet ouvrage collectif, qui réunit d’éminents spécialistes brésiliens et européens, plaide pour un désenclavement de l’histoire de l’éducation, qu’il s’agit de penser au-delà d’une recherche des similitudes et des différences. Dans ce sens, il restitue l’idée d’une « homogénéisation silencieuse » des savoirs scolaires des deux côtés de l’Atlantique, bien davantage marqués par des échanges polyphoniques et des mécanismes d’emprunts et d’appropriations que par des constructions ex nihilo.

 Avec les contributions de : Maria Helena Camara Bastos, Viktoria Boretska, Jean-Charles Geslot, Laurent Gutierrez et Antoine Savoye, Marianne Helfenberger, Paola Salomé Lopes Garcia, Peri Mesquida et Pierre-Philippe Bugnard, Felipe Ziotti Narita, Vincent Peillon et Marie Vergnon.

 Prix : 26 €

Ouvrage publié avec l’aide du Conseil de l’Université de Fribourg (Suisse) et de la Société académique vaudoise.

Un palais scolaire en 1819, sur les traces du Père Girard

A l’occasion des Journées européennes du Patrimoine (14 et 15 septembre 2019), le Cercle d’études Grégoire Girard / Studienkreis Gregor Girard organise des visites guidées bilingues du « quartier Girard ». 

Départ des visites depuis la rue des Chanoines 1:

samedi 14 septembre

  • 10h visite en français avec M. Pierre-Philippe Bugnard
  • 14h30 visite bilingue avec MM. Pierre-Philippe Bugnard et Paul Birbaum

dimanche 15 septembre

  • 14h visite bilingue avec MM. Beat Bertschy et Paul Birbaum
  • 15h30 visite en bilingue avec MM. Jean-Daniel Dessonnaz et Paul Birbaum